Si, comme nous, vous n’avez obtenu qu’un visa de transıt de 7 jours pour visiter l’Iran, voici ce qu’il vous reste à faire :
Tout d’abord, essayez de passer la frontière un autre jour que le vendredi (jour de prière) afin d’éviter le stress de déjà perdre quelques heures précieuses de votre premier jour. Ensuite...
JOUR 1 : Transfert Taftan – Yazd
Rejoignez le plus rapidement possible la ville de Zahedan en shared-taxi d’où vous prendrez un bus quı en 14h vous amènera a Yazd. Vous observerez qu’en passant la frontière,
les citrouilles se transformeront en carosse... les rickshaws entourés de leur nuages de fumée transformés en taxi jaune et les bus bringuebalants décorés mains en bus Deluxe flamboyants (avec Air Conditionné quı permet de porter la température à 14˚ quand la température extérieure est de 38˚ et à 33˚ quand la nuit, il fait 22˚ dehors... le luxe jusqu’à l’absurdité). Ce bus filera sur des routes lisses à une vitesse inconcevable jusque là... vous passerz d’une moyenne de 20-30 km/h, à une moyenne de 70-80 km/h... quelque chose vous rapprochera étrangement de l’Europe. Finalement, une infinité de désert (où des villes scintillent dans la nuit noire) plus tard, vous arriverez à Yazd à 2h du matin. Débrouillez-vous pour trouver un toit d’hotel à squatter pour 1€ (tout parait si cher ici !) et récupérer un peu.
JOUR 2 : Yazd
Au levé du soleil, ne perdez pas une minute et partez explorer la magnifique ville de Yazd. Admirez les minarets des grandes mosquées transperçant le ciel comme des aiguilles, leurs mozaiques turquoises se mélant au bleu limpide du ciel. A leur pied s’étale la vieille ville sortie de la terre du désert. Les maisons vous révèleront les connaisances que les anciens iraniens avaient de l’architecture bioclimatique... des dômes et d’étranges cheminées constituent d’ingénieux systèmes de ventilations amenant l’air frais à l’iıntérieur de la cour agrémentée d’un bassin. D’autres techniques, comme l’utilisation de pierres translucides laissant passer la lumière, permettent de conserver la fraîcheur ou la chaleur entre les épais murs de terre paille. Le soir, faites-vous doublement plaisir avec un resto dans un ancien hammam et une glace comme les iraniens en raffole... 30 cm de haut !
JOUR 3 : Ispahan
Le lendemain, après une froide nuıt sous les étoiles, prenez un déjeuner copieux, omelettes, pain, miel, salade
greque (appréciez la feta et les olives fraiches) accompagné de thé, qui vous remettra sur pied pour affronter une nouvelle journée de bus et de visite à bâton rompu. Prenez le plus tôt possible un bus pour Ispahan. Vu que vous n’avez qu’une demi journée à lui consacrer, arrangez-vous pour trouver au terminal de bus une gentille famille au gros coeur pour vous faire visiter en un éclair cette remarquable cité et ses alentours en petite bagnole 205, vous inviter chez elle, vous couvrir de provisions, vous offrir un resto suivi d’une giga-glace, vous refaire tourner dans la ville by-night illuminée, avant de vous emmener dans la vieille demeure typique en restauratıon d’un ami et boire un thé, manger de la pastèque et d’autres sucreries en fumant la chicha. Comptez ensuite sur votre jeune hôte (la fille de 15 ans parlant très bien anglais) pour vous dégoter une petite place dans un bus pour une nouvelle nuit chaotique vers Qazvin. Essayez d’avoir fait pipi avant de monter dans le bus... si vous tenez à fermer l’oeil.
JOUR 4 : Alamout et la forteresse des assassins
Lorsque vous arrivez à Qazvın, sous la pluie, dans le froid mordant, à 4h du matin, ne vous découragez pas ! Dénichez une petite mosquée dans le terminal de bus où vous abritez, vous allongez sur les tapis et... DORMIR UN PEU !
Ne vous laissez pas déranger par les allées et venues des fidèles qui passent prier mais dormez jusqu’à ce quelqu’un vous réveille et vous prie de sortir. Essayez de trouver un bus pour Alamout, la forteresse de Gazor Khan. Ne vous laissez pas embarquer dans n’importe quelle bagnole (si, si... il y a des bus !) Si finalement la pression est trop forte pour votre petıt cerveau fatigué et empétré dans des discussions gestuelles, laissez-vous conduire. Si vous n’arrivez pas trop tard dans ces montagnes barriolées, vous ne serez pas déçu, les vues sont superbes, les nuances de couleurs uniques... « un paysage de monts nus, de lacs oubliés, de falaises raides, de cols étranglés ». « En dialecte local, Alamout signifie ‘la leçon de l’aigle’. On raconte qu’un prince qui voulait bâtir une forteresse pour contrôler ces montagnes y avaient lâché un rapace dressé. Celui-ci, après avoir tournoyé dans le ciel, vînt se poser sur ce rocher, le maître compris qu’aucun emplacement ne serait meilleur. » Trouvez à dormir, rustique mais assourdissement calme ! Profitez !
JOUR 5 : Qazvin
A l’aube, résistez à la temptation de prendre un taxi pour repartir visiter Qazvin, attendez le bus qui part à 7h (si, si il y a des bus !!). Quatre heures plus tard, à Qazvin, arrangez-vous pour réservez un train de nuit pour Tabriz avant de découvrir la ville. Le train en Iran vous changera des trains indiens et pakistanais. Enjoy !!
JOUR 6 : Tabriz
5h30, arrivez à Tabriz, après une nouvelle semi-nuit entre le trop chaud et le trop froid (il faudrait vraiment que vous leur expliquiez le conditionnement d’air). Trouvez rapidement une chambre pour vous reposez (si, si, il y a des bus !!!). Courage, on arrive au bout ! Tournez dans Tabriz, courage, plus qu’une nuit et aprês vous pourrez souffler, trouver le temps de prendre une douche, de vous changer, de laver votre calçon, de retirer vos chaussettes, de passer une nuit complète.
JOUR 7 : Transfert Tabriz - Doğubayazit
Court-bus, long-shared-taxi, puis frontière! You did it! L’Iran en 7 jours!
Sept jours pour découvrir l'Iran, c'est vraiment court, surtout en prenant déjà deux jours pour le passage des frontières. L’Iran, un pays beaucoup plus developpé que le Pakistan et l'Inde et que ce qu'on nous fait imaginer au travers des médias... un pays en constructıon ou les infrastructures sont bien developpées (des bus plus efficaces et luxieux que chez nous) et une population, un nouveau style (un peu fashion victim guindé, tous dans la norme) qui s'active pour la construction de leur pays... les femmes aussi... présentes et actives (la majorité des étudiants universitaires sont... des femmes). Un développement qui leur donne d’ors et déjà une place dans la compétition mondiale, suivant les rêgles du jeu actuel. Les medias nous montrent vraiment ce qu'ils veulent en fonctıon de la cause qu'ils veulent servir... et là apparemment il s'agit de la cause americaine... une folie... les iraniens ne semblent absolument pas se rendre compte qu'un danger plâne sur eux... ils parlent avec emotions de la guerre Iran-Irak qui a freiné leur developpement et ne voit pas pourquoi les americains leur en voudrait... et nous non plus. Les monuments historiques sont tous en renovation pour maintenir un patrimoine culturel exceptionel...