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Articles/Sujets

Pakistan

Mercredi 7 décembre 2005

Je suis arrive lundi (05 decembre) a Taftan/Mirjave au Pakistan(t) et apres une nuit de bus a Quetta. Je poursuis dans la decouverte de toutes ces choses qui forment les histoires de voyages dont on m'a temps parle.

:)

J'ai du oublier a Ispahan le livre de Nathalie (soeur de Corinne), Asia Overland qui m'avait definitivement mache la besogne dans mes deplacements et mes rencontres. C'etait (sans le savoir) comme une lampe qui eclairait mes avancees. Sans celui-ci je me retrouve dans l'obscurite dans des elements dont je n'ai pas les reperes. J'arrange mes deplacements comme a tatons (improviser, s'adapter, dominer)...

je respire pendant ceux-ci !




Par Ben'
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Jeudi 15 décembre 2005
Perche dans un nid pourri au sommet de l'Al-Zam Hotel a Rawalpindi (Islamabad), j'attends ma proie (mon visa de transit de 3 jours pour l'Inde) qui me permettra a nouveau de devorer les kilometres et d'atteindre Korinmandou. Pendant ce temps je medite en musique, regardant le monde Yang chaotique a mes pieds, cette ville d'homme qui grouille et klaxonne.

Hermann Hess m'alimente de sagesse et serenite.
:)


Au fait, quelles nouvelles de Francorchamps?

Par Ben'
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Vendredi 6 octobre 2006

Le 28 septembre, nous passons la frontiere entre l'Inde et le Pakistan. Pour marquer ce passage, nous assistons a la folklorique fermeture des grilles separant les deux pays voisins et la levee des drapeaux. La choregraphie confrontant les deux equipes des gardes-frontieres a coup de talon et cris feroces, nous rappelle les affrontements entre les deux freres enemis. Issus de la meme mere-patrie, l'Inde et le Pakistan se sont toujours regardes du coin de l'oeil avec mefiance, alimantant l'animosite qui a amene leur division. A l'independance de l'Inde en 1947, la haine entre hindou et musulman a mene a la partition, les musulmans s'exilant vers les terres du Pakistan et du Bangladesh, les hindous fuyant vers l'Inde, les uns tuant les autres sur la route. Les deux pays ont continue a se disputer l'etat du Kashmire. Aujourd'hui plus que jamais, un dialogue de pays s'est ouvert entre les ministre montrant une volonte reelle de sortir du conflit autrement que par la violence.

Nous voila donc en terre d'Islam... Le dhoti de Benoit devient chador pour Corinne... Les femmes se rarifient et s'assombrissent dans les rues. Discretes, elles nous observent de leurs grands yeux bruns soulignes de khol noir cachees derriere leur voile. Les hommes sont tres chauleureux, l'accueil musulman... Ils n'adressent la parole qu'a Benoit et reservent a Corinne des signes distants mais acceptent facillement qu'elle s'insere dans la conversation. Eternelles questions "Where you from" (Japan? China? America?... Belgium!? In Russia?... Europ!? Oh yes Europ!... Ce qu'ils connaissent de la Belgique, pour ceux qui connaissent, c'est le verre, les diamants, les miroirs et... les armes! Super!) ; "Your good name? What is her name? Who is she" (friend? sister? wife?). Nous sommes maintenant "mari et femme", ce qui est accueilli avec un grand sourire puis "Aaah, very good!!... Children?" et puis evidemment "No children... why?" Et ce genre de conversation ne manque pas... les Pakistanais sont tres contents de nous accueillir dans leur pays, de nous parler et de nous donner leur numero de GSM en disant "If you have any problem in Pakistan, call me... you are my brother". Et l'accueil se traduit par geste... meme quand on ne le desire pas, on se retrouve avec un the, de l'eau, un bouteille de coca (beurk!), une pomme... dans les mains. Et encore, c'est limite par le ramadan.

Le ramadan, jeune de 5h a 18h, vient de commence. Pendant la journee, le restos sont fermes ou vides. A 17h50, tout s'arrete, les pakistanais s'installent, une assiete devant eux, priant en regardant leur montre... A 18h00, tout le monde mange dans la rue, les magasins, les trains... nous aussi. Les pakistanais parlent du ramadan avec beaucoup de conviction, pourtant... derriere les murs des maisons, le the, les fruits et autres encas sont souvent avales sans scrupules. Le ramadan n'est pas respecte a la lettre par tous, meme si ils y a des durs. Ce qui nous semble difficile (outre le fait de devoir refuser les offres de ceux qui ne comprennent pas que l'on ait envie de respecter leur pratique) est de ne pas boire... il fait tellement chaud, on transpire tellement (deja sous un voile blanc... sous un voile noir, ce doit etre un hammam!)... on boit quand meme. Par contre, apres le petit dejeuner, on attend le moment ou ils se ruent sur la bouffe pour les accompagner.

Les pakistanais sont carnassiers... le regime vegetarien semble completement absurde (nous qui y avions pris gout!). Les poulets et les carcasses de moutons pendent devant les echoppes (pour attirer le client?), les marmites huileuses bouillonent, les naans sortent tout chaud du tandoor.

Nous passons quelques jours a Lahore. Un nuage gris plane sur les avenues de cette metropole polluee et poussiereuse. La vieille ville, un enchevetrement de ruelles congestionnees ou de droles d'embouteillages (un melange de moto, char a ane, velo, pieton, camionette, char a boeuf) nous freine, nous plonge dans un autre temps. Notre perigrination nous amene a la mosquee et au fort, vestige de la periode moghole et des empereurs au noms desormais familier (Aurangzeb, Shah Jahan... les memes qui ont erige Delhi et Agra). Autour de la vieille ville, des grandes arteres bordees d'arbres, sont parcourues le dimanche par quelques voitures et motos de sport pleins gaz. Apres nos visites, nous retournons dans notre guesthouse ou s'entassent les backpackers parcourant le monde d'un bout a l'autre. Plus de place pour sortir nos nattes de yoga... les horaires, les habitudes alimentaires, les prix, ainsi que les relations avec les locaux nous obligent a nous readapter... definitivement, nous ne sommes plus en Inde.

A 6 heures de train de Lahore, la ville de Multan. Des mausoles sufi (cette fois, l'empire moghole, c'est termine) nous devoilent leur architecture rondelette et leur mosaiques bleutees.

Encore un peu plus loin, nous nous arretons pour quelques jours dans la petite ville de Bahawalpur. De la, nous partons en excursion vers Uch Sharif, un mausole sufi celebre, et l'impressionant fort de Derawar, au porte du desert du Thar de l'autre cote de Jaisalmer.

Calmement les paysages defilent... on est bel et bien en route. Que nous restera-t-il de nos experiences en Asie lorsque l'Orient nous en aura encore amene d'autres? On commence deja a sentir vers ou l'on va, l'Europe, la maison. Pourtant l'Inde, les Bouddhas, les Sadhus, les Rimpoches, les Yogis, les Swamis sont encore la juste derriere nous, et se retrouvent confrontes a Allah, au prophetes et a toutes des nouvelles regles de bonnes conduites, qui ne correspondent pas. Comment s'ouvrir et accepter ce qui nous vient la, sans laisse et renier ce qui nous faisait progresser juste avant. "Are you muslim?" "No", "Are you christian?", "Do you want meat?". Tout change, les styles, les couleurs, les musiques changent, les noms de Dieu changent, les horizons se precisent. Nous sommes les observateurs (observes) privilegies des verites de ce monde. Puissions-nous, sans attachement, en faire le meilleur usage.

Allah Akbar!

Par Corinne & Benoit
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Mercredi 11 octobre 2006

Qui peut nous aider? 

Qui sait où sont les vaches qui trainaient partout sur nos routes depuis des mois ? Y a-t-il un rapport avec la réaparition des Mc Donald ? Pourquoi les hommes ici sont-ils deguisés comme les méchants talibans islamistes vendeurs d’opium de la TV mais sont si souriants et aimables ? Pourquoi les saris ont été teint en noir ?  Pourquoi Coca-Cola a-t-il le monopole du rouge vif ? Sorry... les gros bus et camions sont également colorés et semi-fol-dingue... Là, il ya surement un rapport avec l’opium, non ? Qui a volé les signaux lumineux sur les voies de chemin de fer et qui, faute de mieux, ont du être remplacés par des centaines de petits bonhommes aux drapeaux verts ? Où sont les femmes après 5pm ? Y-a-t-il un rapport avec les saris rouges, les Mc Do, les petits bonhommes verts ou l’opium taliban ? 

Experiences de Ramadan 

En passant au Pakistan, on s’était un peu demandé ce qu’on allait bien pouvoir apprendre ici, en dehors des rencontres amicales et des visites touristiques. Nous étions resté satisfaits de nos horaires de yogi et de nos habitudes alimentaires et spirituelles. 

Surprise, le jeûne du ramadan allait nous donner une trop belle occasion de faire certaines nouvelles experiences de retenues alimentaires. 

Pour beaucoup de peuples et de religions, le jeûne est une pratique importante sinon essentielle. En politique, son utilisation judicieuse a mis fin à des empires coloniaux et des guerres civiles (ex : Gandhi). Il est également employé comme traitement médical. 

Nous avons commencé differentes experiences, comme ne plus prendre que deux repas par jour. Ensuite, nous avons essayé de prendre notre petit-déjeuner de plus en plus tôt afin d’essayer d’avoir 12h entre ces deux prises nourricières. Pas encore en vraie confiance sur nos capacités à tenir une journée entière, nous ne pouvons refuser boissons, quartiers de pommes, thé, bananes, sucreries qui nous sont offertes. Le soir, lorsque le soleil vient de tomber, nous nous joignons aux autres pour profiter d’un repas... sans se goinfrer, et vivre cette experience de restriction (de pauvreté) qui est demandée une fois par an aux musulmans.

L’experience n’est pas finie... il nous reste au moins une dizaine de jours pour la poursuivre... nous serons alors peut-être déjà en Turquie, quasi en Europe, et ce jeûne aura été le fil rouge de notre retour, notre prière, notre offrande quotidienne au seigneur et à nos frêres et soeurs musulmans.

Women’s wolrd 

Au Pakistan, la rue est le monde des hommes... Les femmes sont cachées... on ne montre pas une femme comme on expose un vêtement. Les femmes se masquent pour ne pas se dévoiler... c’est une question de de respect. Dérober leur beauté pour les proteger du regard (malsain ?) des hommes de la rue. Les femmes traversent la ville, évitant les regards... Les yeux équarquillés, brillants, rieurs des pakistanais tombent inevitablement sur nous... sur Corinne. Le voile reserré sur le visage limite les regards fixants. Corinne, marchant derrière Benoit, face cachée, nous essayons de passer incognito et de preserver notre respectabilité. Les regards surpris sont toujours là, avec en plus une question « You are muslim ? ». 

Le contact physique entre hommes et femmes est banni (au mons plus de risque de se faire tripoter). Dans les bus, les femmes sont à l’avant, separées des hommes par une porte guillagée – qui ne facilite pas les discussions pour savoir où descendre ; dans les minibus, les femmes doivent être assise à côté d’une autre femme ou d’un homme de sa famille (père, mari ou fils) – ce qui amene parfois à jouer au domino pour caser tout le monde (et laisser parfois une femme sur le trottoir) ; dans les restos, les femmes (et les hommes qui les accompagnent) sont placées au fond, derrière un rideau – ce qui permet à Benoit de voir l’envers du décors, la face qu’il n’avait pas vu à l’allée. 

Les gargottes où nous mangeons, peu habituée à la venue de femmes, n’ont parfois pas de place reservée aux femmes... il nous arrive de nous retrouver dans une arrière cuisine en nous demandant pourquoi tous ces hommes seuls mangent dans ces gargouilles alors qu’ils doivent avoir une femme (ou plusieurs) ayant preparé un repas (au moins pour elles) ? 

Bref, au moins les femmes sont visibles, au moins les hommes sont perturbés... surtout si elles sont jeunes et belles – les vieilles et moches, elles, peuvent enfin relacher le voile et sortir en rue.

La traversée du Baluchistan

De Bahawalpur, un train nous amene à Quetta, en traversant le desert du Baluchistan. Nous assistons, les yeux fixés sur la fenêtre, au lever du soleil sur ce paysage aride jaune et bleu. Un tableau bicolore qui contraste avec les milles couleurs de l’Inde. Les gens autour nous sourient et nous offrent friandises et prêche sur Allah... l’unique ! 

Quetta... petite ville à 1700m d’altitude au coeur d’un environnement de montagnes rocailleuses donnant au centre de la ville une impression d’espace. A quelques kilomètres, un lac artificiel, des collines à crapahuter et toujours... un paysage d’un autre monde !

Par Benoit & Corinne
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Vendredi 13 octobre 2006

Une nuit de bus pour rejoindre la frontière, Taftan. La zone est dites sensible. Au coeur du désert, entre l’Iran, l’Afganistan et le Pakistan. Il fait nuit noire, une forte présence militaire, policière et mercenère... nombreux points de contrôle du bus et de ses passagers. L’air et chargée de secrets.

Tous n’ont pas la chance de voyager dans les mêmes conditions que nous. Il est troublant de voir ces hommes de tous âges, voyageant juste avec les habits qu’ils portent sur eux, et parfois un petit sac de pommes... Pour une dizaine d’entre eux, le voyage sera plus court que prévu. Ils n’ont pas de papiers. Ils avançaient en quête d’un moyen de subsistance. Ils sont arrêtés. Nous poursuıvons.

Plusieurs heures plus tard, nous arrivons à la frontière. L’horizon vide ses ombres secrètes. Une route, desertée par les femmes masquant leurs sourires et leurs paroles derrière leur voile, des Land Rover soulevant la poussière... Le soleil, lent mais confiant, lance ses flammes éblouissantes. C’est l’Iran à l’aurore.

Par Ben&Co
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