Le 5 avril, nous partons de Katmandou pleins d’appréhensions sur l’Inde… il y a ceux qui adorent l’Inde et ceux qui ne supportent pas et s’enfuient au Népal… et nous ? ou nous situerons-nous ?
Nous arrivons en bus a Bairhawa, ville frontière au Népal ou j’étais déjà passée pour le travail. Nous ne savions pas encore jusqu’ou nous allions aller ce jour-la mais nous avons en tout cas passé la frontière. Indécis, nous écoutons les propositions… nous évitons une arnaque, une deuxième… mais pas la troisième… comme des bleus, nous achetons des tickets de bus pour Varanasi deux fois le prix. Fatigues et vulnérables dans ce nouveau pays, nous arnaquer et nous mentir était chose facile. Nous confortant dans nos appréhensions, nous pestons contre les Indiens dans l’inconfort de ce bus ou nous passerons la nuit. Enfin, pas toute la nuit car contrairement a ce qui nous avait été dit, le bus arrive à 2h du matin a destination. Il fait sombre dans cette ville étrangère endormie… Avec les autres étrangers du bus nous suivons deux népalais pour trouver une guest house ouverte. Au bout de petites ruelles sombres ou quelques personnes se restaurent encore ou dorment à même le sol, nous tombons sur un temple népalais… Le swami népalais que nous suivions frappe à la porte de l’ashram du temple. Apres quelques minutes d’attentes dans le silence de la nuit perturbé par les autorickshawmen qui tentent de nous vendre une guest house, la poste s’ouvre et deux jeunes hommes en linge blanc nous accueille avec le sourire et nous offrent une chambre pour y passer la nuit. Au travers des fenêtres encadres de volets en bois finement sculpte, nous apercevons dans la nuit les reflets argentés du Gange. Au réveil, cette petite fenêtre nous offre notre première vue sur la ville sainte plongée dans la douce lumière du soleil levant.
Apres avoir trouvé une guest house sympa nous nous reposons sous le ventilateur avant de nous lancer dans l’exploration de ce nouvel environnement. Varanasi (Benares)… ville mystique et mythique ! Les ghats (escaliers qui descendent dans le Gange pour permettre aux pèlerins de s’y plonger) s’étendent comme un croissant de lune épousant les lignes du Gange, nous offrant une digue tranquille ou il est bon de se promener dans les heures les plus fraîches du matin. Le soleil, couleur orange sanguine émerge de la terre et répand sa lumière sur les hindous plonges dans le Gange et soulevant vers lui l’eau sacrée dans un salut pieu.
D’un ghat a l’autre, l’ambiance change : l’un plus cérémonieux (le Gange est lieu sacre), un autre plus ludique (le Gange devient piscine publique), un autre plus pragmatique (le Gange devient bain et lavoir publique)… mais toutes les activités s’entremêlent. Certains ghats sont réserves à la crémation.
Derrière les ghats, la vieille ville s’étire dans un enchevêtrement de petites ruelles tellement étroites qu’elles gardent la fraîcheur et filtre le trafic pour ne laisser passer que les piétons et quelques mobylettes.
Le soir, des petites bougies offertes au Gange flottent en scintillant. La nuit est chaude. La lumière et la fraîcheur du matin nous invitent à nous promener inlassablement sur les ghat pour observer l’Inde s’immergeant dans l’eau sacrée.
A la fin de notre troisième jour a Varanasi, une noix de coco et une pastèque sous le bras et nos sacs sur le dos, nous montons dans le train qui nous mènera à Kolkata.
Cette ville de Kolkata (Calcuta), même si elle est bien loin de correspondre à l'image de grand bidon ville et de misère que nous en avions, à bien besoin d'un peu d'air frais, surtout à cette saison ! On essaye alors d'apporter notre contribution (imaginaire) en surpayant les trajets en rickshaws, car comme les trams de la ville, ceux-ci sont menacés et risquent d'en être bannis (ils sont déjà interdits au centre). Le crime de ces courageux hommes tracteurs de chariotes à la force de leur corps : ralentir le trafique et causer des bouchons ! Est-ce bien réellement ces formes de transports qui ralentissent le trafiquent ou bien y aurait-il ici aussi des pressions des lobby automobile et pétrolier (dans cette ville gouvernée par un parti « communiste » !) pour éradiquer toutes alternatives collectives à leurs appétits voraces, comparablement à ce qui se fait avec la grippe aviaire (
Kolkata, ville indienne qui s'essaye à la modernité, ne nous a pas laissé sous le charme. Les monuments, églises et bâtiments administratifs anglais, vestige du Raj glorieux, sont les seuls lieux de visites dans la ville, mais ceux-ci donnent une impression de décalé par rapport à la vie des gens de Kolkata résolument tournés vers l'avenir. Seules les grosses Ambassadors coloniales défilant fièrement dans les rues donnent un cachet spécial a cette métropole. Sur ce, après avoir circulé 3 jours dans cette ville aux effigies de Mère Teresa, testé quelques bons restos de cuisine indienne et pique-niquer dans les parcs londoniens, nous continuons notre descende vers le sud.
Pour nous, après notre douce descente des Himalaya, ce sont les retrouvailles avec la mer, ici la mer du Bengale, sur laquelle plane un petit air d’Océan indien. Les longues plages infinies de sable jaune, de ciel bleu, de vagues, de mousse banche des risées, de shore-brakes, de brise marine empreinte d’iode et des odeurs de poisson et des crevettes du repas du soir. Un spectacle appelant le contact, faisant remonter chez Benoit les palpitantes sensations du windsurfer dans ses confrontations avec les éléments en constante évolution (qui vient nous apporter du matos de planche ?).
A Puri, une plage bordée d’une chaîne d’hôtel, et a un jour d’excursion, le temple de Konark pour la visite « culture » et Chilika Lake pour la sortie « nature ». Des lieux peu en vogue chez les « western » mais très populaire chez les Indiens de la classe moyenne.
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Une différence néanmoins : sur les plages… pas de rangées de corps dénudés dorant sur des transats… à la place, des femmes en saris ou en kurta regardant les vagues et s’essayant avec retenue à une petite baignade au bord de mer… et puis des hommes, plus relax, allant à la rencontre de l’océan fougueux.
L’Inde s’est fixé comme objectif de devenir d’abord une superpuissance économique et militaire
Chennai n’est pas pour autant resté un village de campagne et la société de consommation est bien présente : shoppings climatisés à étages multiples, bagnoles dans tous les sens, carrefours encombrés (un peu déroutant à traverser à pied, vu qu’un piéton n’aurait jamais totalement priorité, même si le feu est vert pour lui) et tous les espaces publiques envahis d’énormes panneaux commerciaux « to make you smarter » (voir photo). Le Réseau contre l’Agression Publicitaire (RAP) aurait bien du travail ici !
Est-ce là une bonne