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Articles/Sujets

Inde

Samedi 8 avril 2006

Le 5 avril, nous partons de Katmandou pleins d’appréhensions sur l’Inde… il y a ceux qui adorent l’Inde et ceux qui ne supportent pas et s’enfuient au Népal… et nous ? ou nous situerons-nous ?

Nous arrivons en bus a Bairhawa, ville frontière au Népal ou j’étais déjà passée pour le travail. Nous ne savions pas encore jusqu’ou nous allions aller ce jour-la mais nous avons en tout cas passé la frontière. Indécis, nous écoutons les propositions… nous évitons une arnaque, une deuxième… mais pas la troisième… comme des bleus, nous achetons des tickets de bus pour Varanasi deux fois le prix. Fatigues et vulnérables dans ce nouveau pays, nous arnaquer et nous mentir était chose facile. Nous confortant dans nos appréhensions, nous pestons contre les Indiens dans l’inconfort de ce bus ou nous passerons la nuit. Enfin, pas toute la nuit car contrairement a ce qui nous avait été dit, le bus arrive à 2h du matin a destination. Il fait sombre dans cette ville étrangère endormie… Avec les autres étrangers du bus nous suivons deux népalais pour trouver une guest house ouverte. Au bout de petites ruelles sombres ou quelques personnes se restaurent encore ou dorment à même le sol, nous tombons sur un temple népalais… Le swami népalais que nous suivions frappe à la porte de l’ashram du temple. Apres quelques minutes d’attentes dans le silence de la nuit perturbé par les autorickshawmen qui tentent de nous vendre une guest house, la poste s’ouvre et deux jeunes hommes en linge blanc nous accueille avec le sourire et nous offrent une chambre pour y passer la nuit. Au travers des fenêtres encadres de volets en bois finement sculpte, nous apercevons dans la nuit les reflets argentés du Gange. Au réveil, cette petite fenêtre nous offre notre première vue sur la ville sainte plongée dans la douce lumière du soleil levant. 

Apres avoir trouvé une guest house sympa nous nous reposons sous le ventilateur avant de nous lancer dans l’exploration de ce nouvel environnement. Varanasi (Benares)… ville mystique et mythique ! Les ghats (escaliers qui descendent dans le Gange pour permettre aux pèlerins de s’y plonger) s’étendent comme un croissant de lune épousant les lignes du Gange, nous offrant une digue tranquille ou il est bon de se promener dans les heures les plus fraîches du matin. Le soleil, couleur orange sanguine émerge de la terre et répand sa lumière sur les hindous plonges dans le Gange et soulevant vers lui l’eau sacrée dans un salut pieu. 

D’un ghat a l’autre, l’ambiance change : l’un plus cérémonieux (le Gange est lieu sacre), un autre plus ludique (le Gange devient piscine publique), un autre plus pragmatique (le Gange devient bain et lavoir publique)… mais toutes les activités s’entremêlent. Certains ghats sont réserves à la crémation. 

Derrière les ghats, la vieille ville s’étire dans un enchevêtrement de petites ruelles tellement étroites qu’elles gardent la fraîcheur et filtre le trafic pour ne laisser passer que les piétons et quelques mobylettes. 

Le soir, des petites bougies offertes au Gange flottent en scintillant. La nuit est chaude. La lumière et la fraîcheur du matin nous invitent à nous promener inlassablement sur les ghat pour observer l’Inde s’immergeant dans l’eau sacrée. 

A la fin de notre troisième jour a Varanasi, une noix de coco et une pastèque sous le bras et nos sacs sur le dos, nous montons dans le train qui nous mènera à Kolkata.

Par Corinne
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Mercredi 12 avril 2006

Voyager oblige des déplacements ! Là, on essaye de toujours choisir les transports les moins énergievores, donnant la priorité aux trains (25g d'émission de CO2/km) plutôt qu'aux bus (80g de CO2/km), en essayant en tous cas d'éviter les taxis (310g de CO2/km), ou de prendre dans les villes les tempos (minibus), métros et cycle-rickshaws (ces attelages tirés par un vélo, ou un homme à pied) ? un souffle d'air pur sur les habitudes ? 

Cette ville de Kolkata (Calcuta), même si elle est bien loin de correspondre à l'image de grand bidon ville et de misère que nous en avions, à bien besoin d'un peu d'air frais, surtout à cette saison ! On essaye alors d'apporter notre contribution (imaginaire) en surpayant les trajets en rickshaws, car comme les trams de la ville, ceux-ci sont menacés et risquent d'en être bannis (ils sont déjà interdits au centre). Le crime de ces courageux hommes tracteurs de chariotes à la force de leur corps : ralentir le trafique et causer des bouchons ! Est-ce bien réellement ces formes de transports qui ralentissent le trafiquent ou bien y aurait-il ici aussi des pressions des lobby automobile et pétrolier (dans cette ville gouvernée par un parti « communiste » !) pour éradiquer toutes alternatives collectives à leurs appétits voraces, comparablement à ce qui se fait avec la grippe aviaire ("Qui est le dindon de la farce ?") ?

Kolkata, ville indienne qui s'essaye à la modernité, ne nous a pas laissé sous le charme. Les monuments, églises et bâtiments administratifs anglais, vestige du Raj glorieux, sont les seuls lieux de visites dans la ville, mais ceux-ci donnent une impression de décalé par rapport à la vie des gens de Kolkata résolument tournés vers l'avenir. Seules les grosses Ambassadors coloniales défilant fièrement dans les rues donnent un cachet spécial a cette métropole. Sur ce, après avoir circulé 3 jours dans cette ville aux effigies de Mère Teresa, testé quelques bons restos de cuisine indienne et pique-niquer dans les parcs londoniens, nous continuons notre descende vers le sud.

Par Benoit & Corinne
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Mercredi 19 avril 2006

A l’orée d’une nuit de train, nous débarquons à Puri, bourgade du Nord-Est de l’Orissa.

Pour nous, après notre douce descente des Himalaya, ce sont les retrouvailles avec la mer, ici la mer du Bengale, sur laquelle plane un petit air d’Océan indien. Les longues plages infinies de sable jaune, de ciel bleu, de vagues, de mousse banche des risées, de shore-brakes, de brise marine empreinte d’iode et des odeurs de poisson et des crevettes du repas du soir. Un spectacle appelant le contact, faisant remonter chez Benoit les palpitantes sensations du windsurfer dans ses confrontations avec les éléments en constante évolution (qui vient nous apporter du matos de planche ?). 

A Puri, une plage bordée d’une chaîne d’hôtel, et a un jour d’excursion, le temple de Konark pour la visite « culture » et Chilika Lake pour la sortie « nature ». Des lieux peu en vogue chez les « western » mais très populaire chez les Indiens de la classe moyenne. 

Un tourisme qui s’est développé un peu comme en occident… un tourisme de masse pour les familles avec des activités prêtes à consommer et toutes les babioles qui vont avec. Au moins, ici, plus de rabattage ou d’arnaque… les guides au temple et les bateaux du lac se sont organisés en associations et les prix sont fixes… 

Les appareils photos sont aussi de sortie et pour rajouter de l’exotisme rien ne vaut une européenne sur les photos de vacances… je me retrouverai donc dans une vingtaine d’album photo d’indiens, posant avec eux devant le temple de Konark ou l’océan… Certains jeunes essayeront peut-être de faire croire que j’ai été leur petite amie de vacances, une photo où ils posent furtivement leur bras sur mon épaule à l’appui ! 

Une différence néanmoins : sur les plages… pas de rangées de corps dénudés dorant sur des transats… à la place, des femmes en saris ou en kurta regardant les vagues et s’essayant avec retenue à une petite baignade au bord de mer… et puis des hommes, plus relax, allant à la rencontre de l’océan fougueux. 

En restant assise deux heures sur ces plages, viennent me parler (et parfois, c’est la file… j’aurais instauré un système de tickets, comme chez le boucher, si j’étais restée plus longtemps !)… trois jeunes cadres dynamiques de Delhi délocalisés en province pour y développer le GSM, un pêcheur baragouinant deux mots d’anglais, six jeunes étudiants de l’Ouest de l’Orissa en vacances, une femme de pêcheur qui essaye de créer une école pour les enfants de son village[1], un médecin d’Agra, deux hommes qui dans une certaine confusion essayent de me vendre des pujas par téléphone ou par mail (enfin, je crois) et un étudiant ingénieur de Bhubaneswar (capitale de l’Orissa)… Plage de Puri où se côtoient les 10% de la population de l’Inde Moderne, la fameuse classe moyenne émergeante, et les 90% d’indiens restant dans la pauvreté de l’Inde Rurale. Plage de Puri où je rencontre l’Inde dans sa disparité… 

La priorité de l’Inde d’aujourd’hui n’est plus la lutte contre la pauvreté mais l’accumulation des richesses, laissant les plus démunis sur le trottoir. La sécheresse et le surendettement ont provoqué ces dernières années une épidémie de suicide dans les campagnes de l’Inde. Et le gouvernement n’intervient pas (pas d’investissement public dans le secteur de l’irrigation, pas d’intervention non plus pour stabiliser le prix de vente des produits agricoles)[2]. 

« Tant que les politiques publiques ne toucheront pas tous les échelons de la société, qu’elles ne résoudront pas les problèmes primaires de santé, qu’elles n’assureront pas une infrastructure éducative pour tous et qu’elles n’incluront pas les gens marginalisés, comment la pauvreté pourra-t-elle être éradiquée ? »[3] 

Mais l’heure est à la croissance économique. Les Indiens, grâce à leur créativité, leur dynamisme, leur fierté et leur espoir, prennent en mains leur développement et se jettent dans le marché mondial (un contraste par rapport au Népal dépendant des marchés indiens et chinois pour les produits de consommations et de l’omniprésence des aides extérieures pour les services de bases). 

L’Inde s’est fixé comme objectif de devenir d’abord une superpuissance économique et militaire[4], non une société juste et équitable… et c’est une société à deux vitesses que nous voyons se développer sous nos yeux… peut-être le résultat inexorable au final d’une société de consommation qui ne pourra de toute façon pas s’étendre à tout le monde… le système capitaliste est là pour choisir l’élite qui y aura droit.  

 

1 L’école publique est inexistante ou défaillante dans beaucoup de villages en Inde. En Orissa, 40% de la population n’est pas alphabétisée. Le taux d’alphabétisation est très variable d’un état a l’autre, allant de plus de 90% de taux d’alphabétisation au Kerala a moins de 50% au Bihar (l’état le plus pauvre de l’Inde, le canard boiteux, peuple d’arrières selon les moqueries des indiens allant jusqu'à l’agression des émigres biharis dans certaines régions de l’Inde).  

2 Epidémie de suicide dans les campagnes. Madras, Frontline, V.Shridar. Courrier International. L’Inde un autoportrait (mars-avril 2006). 

3 S’enrichir d’abord, régler les problèmes après. New Delhi, Dainik Bhaskar. Courrier International. L’Inde un autoportrait (mars-avril 2006). 

4 Depuis que les Etats-Unis ont levé les sanctions contre l’Inde pour avoir développé le nucléaire en 2001, le gouvernement américain a approuve plus de 7000 licences d’exportation concernant des ventes de matériel militaire vers l’Inde allant croissantes jusqu'à un budget de 53 millions d’euros en 2005. Mais c’est peu si l’on considère les 7,57 milliards d’euros d’armement russe que l’Inde a importé depuis 1998. D’un autre cote, la Banque Mondiale a accordé à l’Inde un prêt de 7,57 milliards d’euros pour accélérer le développement rural et les infrastructures civiles (Grande puissance, grands défis. Bankok et Hong Kong, Asia Times Online, Ehsan Ahrari. Courrier International. L’Inde un autoportrait (mars-avril 2006).  

Par Corinne & Benoi
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Mardi 25 avril 2006

Nous voilà à Chennai (Madras) : une autre porte s’ouvre, une nouvelle belle étape de notre voyage débute.

Chennai est une grande ville (6,4 millions d’habitants) ! Capitale de l’état du Tamil Nadu (62,1 millions d’habitants), elle s’avère dépourvue de grandes attractions pour touristes, il lui reste le charme du chaos indien bien présent, mais moins oppressant. Ici, on perçoit moins le passé colonial anglais, les tamouls sont restés profondément attachés à leurs traditions, il y a quelque-chose de simple et bon enfant… on dirait le sud

 

Par exemple, la cuisine tamoule est souveraine, composée de riz ou de crêpes (appelées dosai ou parotha) ou de boules de pâtes (idly ou vade) mangées à toutes les sauces (spicy, toujours) et à toutes heures. Il n’est pas facile de trouver des restos qui servent de la cuisine d’Inde du nord, chinoise ou continentale et impossible de trouver un petit déjeuner sucré. On se met donc à apprécier ces iddly trempés dans des sauces pimentées pour ouvrir l’appétit de grand matin. Les assiettes (ou feuilles de bananier) sont copieuses et « podou, podou ! » (« assez, assez ! ») est un mot à apprendre rapidement. Les gens des villes, n’ayant pas un travail physique, sont plutôt bedonnant… nous commençons à comprendre pourquoi. Corinne regarde les assiettes qu’on lui sert avec une certaine appréhension quand a son propre sort ! 

Autre exemple, ici, plus que dans le Nord, le saris est de sortie et les hommes préfèrent encore le lungi. Nous nous y sommes mit : Benoît a acheté son premier lungi, Corinne est déjà attachée aux kurtas (le pantalon et la tunique qui vient plutôt du Nord mais qui commence aussi à être adoptée par les Indiennes du Sud) et elle est définitivement resplendissante dans les saris prêtés à l’une ou l’autre occasion.

Chennai n’est pas pour autant resté un village de campagne et la société de consommation est bien présente : shoppings climatisés à étages multiples, bagnoles dans tous les sens, carrefours encombrés (un peu déroutant à traverser à pied, vu qu’un piéton n’aurait jamais totalement priorité, même si le feu est vert pour lui) et tous les espaces publiques envahis d’énormes panneaux commerciaux « to make you smarter » (voir photo). Le Réseau contre l’Agression Publicitaire (RAP) aurait bien du travail ici !

Où cela va-t-il nous mener ?

Par Co & Ben
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Lundi 15 mai 2006

En valeur absolue l’Inde est le 5eme plus gros consommateur d’énergie du monde, derrière les USA, la Chine, la Russie et le Japon. Par contre, analysés par habitant, les niveaux de consommation énergétique demeurent modestes : ceux-ci sont en moyenne de 0,29 tep (tonne équivalant pétrole) par habitant, comparés à 8 tep pour les Etats-Unis, 5,8 tep pour la Belgique et 1,5 tep en moyenne mondiale. En effet, près de 70% du gros milliard d’Indiens vivent encore dans plus de 500 000 villages généralement reliés par des pistes, vivant d’une petite agriculture et fortement limité par de grave pénurie d’eau et d’électricité. Néanmoins, une majeure partie de cette population, qui continue de croître (augmentation de 20% en 10 ans), aspire à plus de modernité, de confort, de facilités, d’espaces, de voyages et semble vouloir s’approprier toutes ces images déferlant sous leurs yeux dans les médias. On constate même une véritable frénésie d’achats dans la nouvelle classe moyenne (156 millions de personnes)1. 

Se développer donc ! Encore faudrait-il trouver la bonne stratégie pour en tirer profit à long terme et sans remords. Là semble être pour l’instant la mission que nous nous sommes assignée. 

Quelle stratégie pour les Irulas ? 

Les Irulas (lire l’article précédent), qui définitivement font partie de ces 300 millions d’indiens vivant sous le seuil de pauvreté, qui n’ont rien retiré de la libération économique dans le pays, nous déroutent lorsqu’ils nous disent avoir besoin de quelques lampes pour éclairer leurs sentiers entre leurs huttes pendant la nuit. « Toute la nuit ? » « Oui, oui toute la nuit, afin d’effrayer les serpents ! » « Est-ce bien raisonnable ?» se demande-on en se regardant. « Et ces mêmes lampes fonctionnant avec des détecteurs de présences vous conviendraient-elles ? » Non, ils veulent de la lumière toute la nuit, sans interruption sur toutes les « rues » du village ! Que répondre quand on pense à nos autoroutes, nos maisons lumineuses (eux n’auront même pas une ampoule dans leur habitat). « Heu, vous savez, l’énergie doit être utilisée avec parcimonie ou elle nuit gravement à la santé. Même si elle est solaire et renouvelable, il y a encore beaucoup d’autres villages sans électricité2 ne soyez donc pas si gourmand ! On vous dimensionnera des systèmes pour 6h de lumière par nuit pas plus ! » Pourtant, ces gens n’ont rien, pour ainsi dire ! Ce n’est pas eux qui polluent ! Les émissions en Inde se situent à 0,25 tonnes de carbone par habitant soit un quart de la moyenne mondiale, 14 fois moins que la Belgique et 22 fois moins que les Etats-Unis. Par contre nous savons que s’ils se développent comme nous, la pression sur l’environnement sera intenable (exemple, si l’Inde et la Chine consommaient autant de papier qu’un occidental, tous les arbres de la Terre disparaîtraient en un an3 !) 

Un Centre de Ressource favorable à l’environnement, économiquement viable et socialement équitable ? 

Puis que dire encore lorsque nous découvrons notre « ferme biologique modèle » en chantier (nivelage des terres agricoles !), à l’aide de bulldozer et du nouveau tracteur flambant neuf qui après servira pour les cultures. « Ne valait-il pas mieux acheter 25 vaches pour le même prix que ce tracteur? N’est-ce pas néfaste pour les sols4 et coûteux en carburant ?  Est-ce là une bonne démonstration de conservation des connaissances sur l’utilisation traditionnelle des ressources naturelles ? Est-ce bien cela une ferme biologique et un centre culturel permettant l’échange de savoirs et de savoir-faire sur l’agriculture biologique, la vermiculure, la production laitière, l’artisanat (tissage, couture, broderie, poterie, menuiserie) ? » Nous ne posons pas ces questions à haute voix, nous venons d’arriver ! Et puis, au fond, pourquoi devraient-ils se refuser cette petite quantité de modernité ? Mais les anecdotes se multiplient : le thé dans des verres en plastique, la bagnole 4x4 climatisée à tous bouts de champ, la construction du pont qui va avec, les demandes de ventilateurs dans les maisons « bio-climatiques traditionnelles » qui pourraient finalement être en briques (moins chères et plus rapide à construire que la pierre, la chaux et la boue), les sacs de fertilisant dans un coin, les projets de cultures de tournesol, de mais, le gaspillage d’eau … On se sent un peu dépassé et pas compétent. « Ils n’en sont qu’au début du projet et doivent mettre les choses en place » se dit-on pour essayer de nous rassurer. 

Nous sommes néanmoins troublés et forcés de nous retourner vers l’intérieur, d’accepter encore une fois que ce sont nos modes de vies et de consommations qui risquent de se développer ici et que toujours nous les véhiculons (lecteurs mp3, ordi portable, appareil photo numérique, filtre à eau, montres, réveilles, lampe de poche, lampe frontale, chargeur de pilles, bics, livres, gourdes, sacs de couchages, boules Quies, … ) ; tout les attire, tout est lié, tout nous entraîne ensemble vers le (non) futur. 

L’espoir 

La diversité qui règne encore ici et la présence d’alternatives et d’activistes permettront-elles de résister à la modernité destructrice du consumérisme mondialisé ? 

Gandhi proposait une solution : « Vivre simplement pour que, simplement, les autres puissent vivre ». Christ Korda une tout autre :

« Que faire ? » 

-- 

1 Une classe moyenne pas comme les autres paru dans le Courrier International Mars-Avril-Mai 2006. 

2 Plus de 1,6 milliards de personnes sans électricité dans le monde dont plus de 350 millions en Inde. 

3 Dans le respect de la Nature de Serge Carfantan 

4 Lire: "1 milliard d'hectares stérilisés en un siècle ? il est grand temps de soigner les sols !"  

Par Benoit & Corinne
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