Me voici à la fin de mon premier week-end à Katmandou. Mon sentiment : un mélange étrange de connu et d’inconnu.
Je retrouve les ruelles parsemées de temples et les nepalais qui font un geste pieux quand ils passent devant un de ceux-ci - meme les plus petits qu’on ne remarque pas - les petites statues de Ganesh barbouillées de rouge, la circulation chaotique, les marchés aux allures médiévales, les chiens qui aboient la nuit, les boutiques de babioles, le fameux quartier de Thamel qui nous fait osciller entre attirance et dégoût, les couleurs des drapeaux tibétains, et puis... Bodnath, le fameux stupa (temple bouddhiste) dont l’ambiance apaisante et intrigante est emballée par la musique de Tibetan Incantation (pour ceux qui connaissent !), etc,…
Mais je découvre aussi un nouveau Katmandou… bien sûr, de nouveaux quartiers, dans lesquels je n’ai encore aucun point de repère… mais aussi une autre vie : la vie d’expat… La découverte de magazine de luxe portant sur les salles de fitness de Katmandou, d’un grand supermarché où le rayon des produits Nivea beauté ne doit pas faire moins de trois mètres, des soirées de l’auto-désigné « club français » où les expats discutent de leurs treks en montagnes ou des autres pays où ils ont été expatriés autour d’un verre de vin francais trouve dans le supermarche cite… contraste avec le Katmandou connu.
Me voici donc au coeur de cette ville, grouillante et chaotique, dans une grande maison un peu vide et froide (l’hiver arrive et il n’y a pas de chauffage dans les maisons népalaises) tenue par une toute petite népalaise, Marie et gardée par Shiva. La maison se remplit des rires des deux filles de Marie et Santo, son mari, de l’aboiement des deux chiennes, et puis de la présence de Stéphanie, la française expatriée, directrice de Planète Enfants Népal avec qui je vis et je travaille.
Entre la recherche de bûches de bois pour le feu ouvert (pas facile à trouver car les népalais n’ont pas de feu ouvert – juste des machins au kerosene qui pue franchement et donne la nausee), les courses, la soirée entre expatriés français et le cours de Thangka à Bodnath avec Stéphanie… je n’ai pas vu ce premier week-end passé.
Le Thangka... la peinture sacrée bouddhiste. Une peinture très colorée, riche en détails, très précise, très détaillée… quelle patience il faut pour le faire ! J’ai quand même mis quatre heures pour faire l’ombre de deux fleurs... pas mal !! Les peintres népalais prennent entre 3 et 6 mois, 6 jours sur 7, 13 heures par jour, pour faire un Tangka. C’est l’art de la patience ! En tout cas, il ne s’agit pas vraiment d’un art créatif. Les Thangka représente des Mandalas, le Samsara ou cycle de la vie, la vie de Bouddha ou les divinités protectrices. Le moindre motif ainsi que leur couleur sont ancrées dans la tradition que les maîtres transmettent minutieusement.
Voilà que je me découvre de nouvelles activités… et peut-être bientôt, le Yoga !