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Texte Libre


Mercredi 2 août 2006

Apres voir encore un peu chipoté à Chennai en Namalwar, La sagesse tentant d’approcher la cafardeuse administration indienne afin d’obtenir les subsides officiellement proposés par le gouvernement pour les énergies renouvelables et les populations tribales ; perdu un peu de temps à développer un petit site web qui n’intéresse personne (il est ici) ; participé à un meeting sur l’agriculture biologique organisé par le Bharathi Trust au Centre de Ressource ; rencontré le rayonnant Namalwar, yogi, agronome de formation, parcourant l’Inde afin de promouvoir, expliquer et re-répandre les pratiques agronomiques sobres en consommation d’énergie (Low Energy Input Agriculture) ; et laissé le vibrant groupe Quinoa à leur traversée vers Pondichéry en vélo… nous avons mis les voiles vers le nord, vers l’ouest, avec comme un petit goût de retour flottant dans l’air du temps, qui lui aussi change, s’humidifie, se refroidit, se ressert dans le vent.

L’inde nous aura donné plus que ce que nous avons pu faire pour elle !

Bangalore, un art de vivre

Art Of living Ashram, Bangalore Nous avions entendu parlé de Sri Ravi Chankar fondateur de « Art of Living » et d’autres de ses belles œuvres caritatives, nous sommes donc passés à son paisible ashram, de Bangalore, verdoyant toujours lumineux même sous les gros cotons de nuages blancs. La condition pour y résider étant, en tant qu’occidental, de payer chacun 150 EUR/- (une somme que nous dépensons généralement en un moi ici) pour participer à un week-end de formation – nous nions l’affaire. Il paraît qu’à Goa (un peu plus loin) on y fait du windsurf et tout semble nous souffler que les conditions sont là ! Après une journée dans ces lieux enchantés , à l’heure où les lumières mêlées du soleil et de la lune tombent sur nos espoirs et où tout semble possible, nous reprenons notre route à la poursuite des côtes et des vents mousson…

Hampi, fascinant

Sur cette route, nous découvrons Hampi. Majestueuse ancienne citée, dont les ruines dissimulés dans les collines de blocs calcaires, Ruines de Vijayanagar, Hampi se découvrent ça et là disséminés par la campagne au détour de ruisseaux lancinants dans la verdure. Tout résonne encore ici de ce qui fut un jour la capitale d’un des plus vaste empire Hindu de l’histoire indienne. Palais, marchés d’épices, bazars, bain publiques, étables à éléphants, sept lignes de fortifications… Fascinant ! Touristique, certes ! C’est la retrouvaille, pour nous, avec les charmantes petites Guets Houses qui ont tout le confort pour plaire mais aussi avec la pesante, (aller disons le) carrément pénible, relation avec les vendeurs et aguicheurs en tout genre. Comment réagir, comment ne pas se fermer ?

Ah oui, aussi quelques broches sur des rochers … un spot de grimpe ! Humm, très mystique !

Goa, surprenant

Et puis nous y voilà, après une traversée tumultueuse des Ghats Occidentaux, frappé de Une plage à Vagator, Goa toutes parts par les vents battant et la pluie – à chaque tangage, nos mains se crispaient sur le siège, craignant que notre bus ne se couche dans la boue, comme certains camion avant lui – nous sommes sains et sauf sous les tropiques à Goa. Hippiiiies ! Du vent, des plages, des vagues monstrueuses, la nature, des éléments déchaînés, tout semble possible ! Mais nous tombons en dehors de la saison touristique et tout est fermé. Pas de locations de planches… juste repos, lecture et balades, dans cette surprenante ancienne enclave portugaise de caractère, parsemée de chapelles, gardée de châteaux « Normand », oubliée à cette saison où les profonds nuages nous font pénétrer des paysages côtiers qui rappellent d’un côté la Cornouaille ou l’Ecosse et de l’autre les forêts tropicales humides du Cameroun. Mais-où sommes-nous, où nous a mené cette mousson ?

La réponse vient de Chitra Banerjee : « D’une certaine façon, on ne s’échappe jamais vraiment… de son cœur, qui est le seul endroit qui compte. »

Par Ben & Coco - Publié dans : Inde
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Samedi 22 juillet 2006

Le 29 juin, nous accueillons au bureau du Barathi Trust le groupe du chantier Quinoa Inde, 8 participantes et 2 responsables. Nous suivons leurs premiers pas dans la ville de Chennai… premiers pas dans la circulation dense et tentative de filmer une traversée suicidaire ; premiers repas indiens et apprentissage des bonnes manières ; premiers shopping pour se mettre à la mode indienne, shulidar et saris

Avancée sur le chantier, super !

Quelques jours plus tard, je vais rejoindre le groupe au Ressource Centre… Depuis notre dernier passage, le terrain était nivelé, deux maisons en pailles détruites et les murs d’une maison en brique construits à la hâte (sans la moindre considération pour que celle-ci soit bioclimatique) pour accueillir le Quinoa Team une fois que le toit serait achevé. Je retrouve le groupe dans la ferme se demandant un peu ce qui les attendait (après avoir passé deux journées à attendre dans un village puis dans la ferme sans trop comprendre ce qu’ils faisaient là et pourquoi ils étaient « baladé » ainsi). Les jours suivants, le groupe déménageait dans la nouvelle maison et le chantier commençait doucement sous l’impulsion énergique de Chanmougavel, un ingénieur ayant débarqué au Bharathi Trust un jour après le groupe Quinoa pour s’occuper du développement de la ferme biologique pendant un certain temps (5 jours, 1 mois, 6 mois… qui sait ?). Pleins d’initiatives, l’ingénieur manage la plantation d’arbres autour des champs et la création de canaux permettant d’irriguer les champs en fonction des besoins… Nous nous demandions, Benoit et moi, avant l’arrivée du groupe ce qu’il allait faire au Ressource Center, et les réponses évasives de Siddamma (« There is a lot of work ! »… faire le toit de la maison… planter des cacahouètes… et puis ???) nous montrait que le projet n’était pas très concret. Mais l’arrivée d’une personne ressource offrait de l’action au groupe et donnait enfin à cette ferme bio un contenu cohérent.

Le groupe est très motivé pour le projet, ils se sont impliqués pendant les 6 mois de préparation et en attendent beaucoup. Parfois je me sens indépendante par rapport à ce groupe, un élément ajouté… et parfois, je me surprends à me sentir complètement assimilée au groupe.

Benoit et moi rejoignons Chennai, laissant le groupe satisfait de leur chantier au Ressource Center mais exprimant certaines appréhensions par rapport à la suite du programme… les septs jours dans un village Irula. Lorsque Siddamma passe, les responsables du chantier, Ben et Fadh, expriment les attentes du groupe et essayent de clarifier le projet ; les réponses restent floues mais vont dans le sens des demandes (ils pourront dormir, manger et travailler dans les familles… mais pour faire quoi ?).

Anthropologie sans assistance

Quelques jours plus tard, après une certaine dose d’indécision et surmontant mes propres appréhensions, je monte dans la Jeep de Siddamma pour rejoindre le groupe dans le village Irula. Minuit approchant, il est trop tard pour rejoindre le groupe Quinoa, nous dormons au Ressource Center, dans la petite maison qui a été accommodée de ventilateurs et de néons depuis mon dernier passage. Le matin, je me réveille au bruit du moteur de la bagnole et je la vois sur le chemin entre les champs lorsque je passe la porte de la maison. Siddamma est repartie à Chennai… elle ne viendra pas au village m’introduire à une famille et voir le groupe Quinoa. Une personne m’accompagne en bus et m’aide à porter le matériel d’animation pour le groupe jusqu'à la communauté Irula située le long de la route et accrochée à un autre village. J’y trouve le groupe affalé sur un lit de corde et entouré par des villageois… les premiers ont l’air extenués, les seconds perplexes. Le groupe vient d’arriver dans le village après avoir passé la nuit dans un temple où une cérémonie de mariage s’éternisait. Dans le village, rien ne semble organisé pour l’accueil du groupe et les villageois paraissent même gênés par sa présence, ne sachant pas que faire avec ces étrangers… Des messages contradictoires nous parviennent (entre « Pas de problèmes… vous pouvez choisir une famille pour aller dormir » et « Les villageois pensent que les maisons sont trop petites et que vous ne devriez pas rester ici »). Tous regrettent la présence de Siddamma ou d’un médiateur plus au courant de ce qui avait été convenu avec le village. Malgré l’absence d’introduction des uns aux autres, les villageois nous font à manger et improvisent même le soir une danse autour de tambours permettant de briser la glace et de sentir un accueil.

La journée, il n’y avait rien à faire… les gens du village travaillant dans des champs de manguiers appartenant à des propriétaires terriens, il n’était pas possible de les accompagner dans leur travail… Le groupe a tenté de faire quelques animations pour les enfants du village, sans grand succès.

Le groupe a attiré dans le village une foule d’enfants et de jeunes du village d’à coté qui venaient nous observer et entraient sans gêne dans les maisons de ces gens pour lesquels ils ne devaient pas avoir beaucoup d’estime… Les Irulas voyant le village comme insécurisant, insistaient d’ailleurs pour que nous restions dans la communauté (ce qui s’opposait sans cesse au besoin du groupe de bouger, de « faire quelque chose »). Cependant, un jeune du village nous servi d’interprète et nous en appris plus que nos intermédiaires directs : le village avait été prévenu la veille de l’arrivée du groupe et rien n’avait été clarifié concernant le logement, les repas et la prise en charge du coût de la nourriture ; Siddamma était passée deux ans auparavant dans leur village et n’avait jamais rien fait pour eux ; les maisons, l’eau et l’électricité étaient offerts par le gouvernement ; les villageois se demandaient quelle aide nous venions leur apporter (attente légitime puisque le but de notre présence ne leur avait jamais été expliqué) et ne savaient pas quoi faire de nous. Mal à l’aise, nous leur avons simplement exprimé que nous étions aussi perdus qu’eux devant cette situation.

Malgré toutes ces incompréhensions, des liens se tissaient entre des personnes du groupe et des villageois, et des rires se sont souvent échangés autour des fourneaux où quelques femmes se dévouaient pour faire à manger au groupe.

A la fin du troisième jour dans le village, Siddamma est arrivée. A la suite de discussions tendues avec les villageois d’abord, avec les responsables de chantier ensuite, nous apprenons que les villageois avaient été choqués par les tenues vestimentaires et les comportements du groupe… En colère, et certainement déçue, Siddamma l’a âprement reproché aux responsables du groupe. Le séjour du groupe dans le village ne répondant pas aux attentes multiples des participants et dérangeant le village, le groupe allait partir le soir même… les sacs ont été faits en vitesse. Une dernière réunion a permis à chacun, membres du groupe et villageois, d’exprimer qu’au-delà des incompréhensions, ils s’étaient déjà attachés les uns aux autres. Et nous sommes partis avec un sentiment amer de déception mais aussi de soulagement.

En trois jours, nous avions pu commencer à surmonter le choc culturel et créer le lien… mais cette démarche s’est arrêtée là. Je me dis que, peut-être, l’échange aurait pu être pleinement satisfaisant pour les uns et les autres… s’il y avait eu une préparation à l’échange interculturel (aussi du coté des villageois qui ne savaient même pas que les occidentaux ne portaient pas de sari) ; s’il y avait eu un médiateur pour expliquer la culture locale, expliquer nos faux-pas (et des erreurs il y en a eu… des décolletés trop profonds, des gestes tendres entre filles et garçons, des filles qui partaient non-accompagnées du village…), et apaiser le malaise que ceux-ci provoquaient chez les villageois ; s’il y avait eu un micro-projet pour réunir les deux communautés…

Une maison bleu, accrochée à la colline …

De retour au Ressource Center, une odeur d’indécision planait et rendait la situation un peu tendue… Ben, le responsable, posa un ultimatum… celles qui veulent abandonner le chantier partent demain. Quatre filles déçues du projet et n’ayant plus d’espoir pour les activités à venir (par rapport au programme qu’ils avaient reçus au cours de la préparation, le projet en avait été petit à petit appauvri) ont décidé de quitter le groupe.

Pour Siddamma, ces filles (dont certaines s’habillaient plus légèrement que les autres du groupe) n’avaient pas réussi à s’adapter… pour elle, Quinoa aurait du mieux sélectionner ses participants… Siddamma n’a pas compris que la déception par rapport au projet s’était propagée dans tout le groupe. Je pense qu’à ce moment là, elle n’avait pas encore pu entendu les critiques des responsables par rapport au manque d’organisation du chantier (l’entendra-t-elle lors de la réunion d’évaluation de fin de chantier avec les responsables ?).

Les jours qui suivirent, le groupe restreint continua les travaux des champs au Ressource Center et commença des animations dans une école gouvernementale (un peu beaucoup d’improvisation… mais de bons moments) . Suite à une proposition que Siddamma avait faite au début du chantier, le groupe a acheté de la peinture pour la maison. Nous avons commencé les travaux mais étant livrés à nous-mêmes (plus d’ingénieur pour diriger les travaux), avec une peinture que nous ne connaissions pas, nous l’avons mal utilisée et il n’y en eu pas assez. Qui devait supporter le coût de la peinture ? Le groupe ne voulait pas payer de leur poche et pour eux il était clair que c’était l’argent récolté en Belgique pour le projet qui devait servir à cela… mais rien n’avait jamais été clarifié avec Siddamma qui après coup considéra que c’était le projet du groupe, que cela lui semblait inutile et que le travail avait été mal fait… Je pense que cette maison restera à moitié bleue…

Rencontre mutuelle trop tardive ?

Toutes ces incompréhensions, en plus d’un mail un peu déplacé de Quinoa qui lui demandait de remotiver le groupe, a engendré une tension exprimée à demi-mots et a achevé de démotiver Siddamma par rapport à ces échanges avec des groupes de belges. C’est le troisième chantier qui vient au Bharathi Trust et le deuxième qui éclate. L’ajustement entre les partenaires n’a pas su se faire… et finalement cela surprend peu… Quinoa ne semble jamais avoir vraiment pris le temps pour connaître Siddamma et le Bharathi Trust.

Peu préparé, le groupe n’a pas pu accepter pleinement les différences culturelles bien présentes non seulement dans la relation avec la population mais aussi dans la relation avec le partenaire : l’impossibilité d’anticiper et d’organiser à l’avance, ainsi que la résistance à parler d’argent ont été les deux points sur lequel un véritable choc culturel s’est produit.

Avec cette expérience de plus des chantiers Quinoa, je remets en question ces séjours d’immersion… Je me demande si les responsables (et au travers eux, Quinoa) sont capables de guider un groupe de jeunes dans un échange avec un partenaire et dans un pays qu’ils connaissent si mal.

J’observe aussi que le fait d’être en groupe favorise des comportements acceptés dans notre culture et amène le groupe à auto-justifier une façon de voir qui s’oppose à la culture locale – quelque part, il est plus facile de maintenir son mode de penser et d’agir quand on est en groupe dans une culture étrangère (dans le groupe, je sentais que j’avais une façon de me comporter et de discuter comme je n’en avais plus eu depuis au moins six mois).

Voyage et rites de passage … et puis quoi ?

Enfin, je me demande ce que les participants retirent réellement de cette expérience… si j’ai l’impression que mes expériences de chantiers avec Quinoa (au Maroc, au Bénin et au Népal) avaient participé à mon ouverture sur le monde et sur un autre mode de vie (mais ce n’est peut-être qu’une impression au fond), je me demande si elles apportent vraiment une remise en question profonde pour la majorité des participants – une fois rentrés les participants des chantiers Quinoa reprennent leur vie et continuent leur évolution dans la marche du monde en déroute… peut-être, au mieux, seront-ils plus enclin à consommer des chips équitables ou à choisir une courgette bio au supermarché…

Ces voyages, ne constitueraient-ils pas pour les jeunes occidentaux une nouvelle manière de se distinguer et d’investir dans une nouvelle forme de capital symbolique, tout en masquant et en reproduisant l’inégale répartition des richesses et du pouvoir ?

Au fond, c’est comme si les jeunes issus des classes moyennes et supérieures devaient aujourd’hui faire l’expérience de la pauvreté, afin d’assumer « légitimement » leur future position sociale.

L’article Voyages et rites de passage - Le tiers monde, enclos initiatique pour les jeunes explique que les voyages d’immersion dans les pays du tiers monde, loin de diminuer le fossé entre le Nord et Sud, peuvent participer à des stratégies de condescendance. Selon Pierre Bourdieu, « en abdiquant temporairement et ostentatoirement sa position dominante en vue de se mettre au niveau de son interlocuteur, le dominant profite encore de sa relation de domination, qui continue à exister, en la déniant».

Voyage initiatique… rite de passage… tourisme existentiel… expérience d’un autre monde… pour mieux s’ancrer dans le nôtre ?

Les rites de passage ont souvent pour fonction de renforcer l’ordre social, même si pour ce faire, ils doivent justement le transgresser. C’est comme si la société se mystifiait elle-même à travers ces moments de désordre fictifs, qui permettent, en fait, de légitimer et d’intégrer l’ordre social.

Au retour, tout rentre dans l’ordre… on retrouve notre place dans la société… on l’accepte … Le voyage a été comme un terrain d’expérimentation avant de rentrer dans la vie d’adulte…

Que ferons-nous de notre voyage ?

Par Corinne - Publié dans : Une facon de voir ...
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Mardi 11 juillet 2006

Apres un bref passage à Vellore et une visite de son « célèbre » fort, nous arrivons à Tiruvanumalai, une ville semblable à toutes les villes indiennes : trafic, klaxons, snack fumant, petits marchands, rickshawalas en quête de clients (« where are you going ? »), soleil, chaleur écrasante et haut-parleurs hurlant de la « pop » indienne dès 7 heures du matin et à longueur de journée.

 

Dans l’impressionnant temple de Arunachaleswar, un des plus grand de l’Inde, un éléphant nous accueille : moyennant une petite pièce de monnaie glissée dans la trompe, il nous bénit ! Pas moyen de le tromper… le pachyderme a bien appris à reconnaître ce qui a de la valeur pour son mahout 

 

Le temple est organisé en files plus ou moins longue en fonction de ce que le dévot est prêt à payer : les plus pressés dépenseront 50 roupies pour échapper aux interminables heures d’attentes qui les séparent de l’intérieur du temple où ils pourront à nouveau sortir leur porte-feuille devant les brahmanes postés à chaque autel pour réaliser des pujas sur demande.

 

Les hautes tours blanches du temple font face au flanc du Mont Arunachaleswar. Les pèlerins, venu par millier, parcourent les 14 km de la base de ce mont sacré, et avec encore plus de ferveur en ce jour de pleine lune. Nous rencontrons dans les rues de la ville des processions en tout genre, comme des dévots argentés. Un magicien aussi… Intrigués, nous fendons la foule, et arrivés au premier rang, nous observons attentivement son ménage. Trois jetons sont étalés, puis mélangés faces cachées, l’un d’eux a une inscription sur l’une de ces faces. Ca semble facile, les quelques parieurs qui tentent leur chance repartent avec le double de leur mise. Corinne se sent certaine de pouvoir prendre le pauvre homme à son propre jeu. Elle ne se trompe jamais ! Hop, elle mise 20 roupies…, il fait une chaleur oppressante et la sueur se met à dégouliner de nos fronts, on ressent un début de malaise : « était-ce une arnaque ? ». Effectivement, en dépit de notre lecture du moment « L’Apprenti sorcier. Au cœur de l’Inde mystérieuse », ce manipulateur nous a eu ! Rien n’est ce qu’il paraît être, il en aura d’autres…

 

Au ashram de Ramanasraman, construit par Sri Ramana Maharishi après avoir vécu 20 ans en ermite dans les grottes des collines avoisinantes, nous découvrons le hall de méditation, carrelé et sans coussins, investi par un va-et-vient de dévots venant faire des pujas pour le maître décédé en 1950. Si au moins ces halls étaient silencieux ! Dans une petite salle sombre voisine, Benoit a repéré dans la foule l’homme qui semble être le nouveau gourou du ashram… et a réussi à le flasher en pleine face ! Le sage a souri et lui a donné son dernier bonbon.

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Tahir Shah (1998). L’Apprenti sorcier. Au cœur de l’Inde mystérieuse. Edition de Fallois

Par Co & Ben - Publié dans : Inde
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Jeudi 29 juin 2006

Non loin d’Auroville, se trouve l’Arul Ashram… tenu par les Frères de Saint Jean. Dans une végétation tropicale luxuriante, un centre d’accueil pour les personnes atteintes du sida se développe sous la direction du Père Dominique. Très accueillant, il nous a fait visiter l’institution. Les malades du sida… hommes, femmes, familles et orphelins sont rejetés de partout… les plus « chanceux » atterrissent ici, un superbe endroit, calme serein… plein de compassion et d’amour pour les résidents et où les malades peuvent continuer à vivre dans la dignité. Pire que la peste, le sida est encore ici une maladie honteuse… un tabou… une cause inexorable d’exclusion. Les malades ne reçoivent aucune aide, aucun soutien de leur famille, amis ou voisins et peu d’endroits accueillent véritablement ces personnes. Ici, les frères les accueillent avec la force de leur foi.

Une visite touchante, avec le souvenir ému de mon tonton Jacques… 

Par Corinne - Publié dans : Inde
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Mercredi 28 juin 2006

A partir d’Auroville, une journée d’excursion s’impose pour découvrir Pondichéry. Un dimanche matin, je prends un bus sur la East Coast Road qui me dépose un quart d’heure plus tard non loin du centre de Pondy.

La ville basse, jolie et indolente, semble encore endormie. La promenade l’Heritage m’entraîne dans l’ancienne sous-préfecture française des Tropiques où l’héritage architectural colonial donne un air chic tranquille au quartier où les noms des rues sont indiqués (c’est déjà un dépaysement !) en français… je me promène rue Romain Roland, rue St Dumas, rue de la Caserne et sur l’Avenue Coubert, bordées de maisons du XVIIIeme tantôt jaune, tantôt ocre, tantôt rouge. Pondy conserve le souvenir de son passé colonial… il y a toujours un Hotel de Ville, les policiers portent des Kepis et le Consulat Français et l’Alliance Française indiquent la présence actuelle des Français dans cette agréable ville côtière. La statue de Gandhi, commémorant la marche du sel, rappelle l’Indépendance et le retrait en douceur de la Compagnie Française des Indes Orientales (la présence française se prolongea jusqu’en 1954 dans cette petite enclave portuaire).

Rue Labourdonnais, je m’arrête au Satsanga, le restaurant du français aurovillien de Transformation. J’y rencontre le patron, et deux de ses amis français… L’un, installé près de Ooty (dans les montagnes), est un passionné d’éléphants… L’autre, un ex-aurovillien, installé à Pondichéry, est un passionné d’eau… Conversation sur les éléphants sauvages des Ghats occidentaux, une des plus grandes réserves du monde, sur les éléphants apprivoisés maltraités et sur la formation des mahout. Discussion sur l’eau bio-dynamisée et ses vertus. Echange sur les éléphants qui reconnaissent l’eau potable et peuvent faire 10 km pour aller jusqu'à une source d’eau de qualité…

Dans la partie « tamoule » de la ville, plus animée, des magasins chics et chers côtoient les marchands de fripes dans la rue. Nombres de boutiques vendent les photos, les pendentifs, les livres, les CD… de Mère et de Sri Aurobindo, fondateurs du yoga intégral et du rêve aurovillien. L’œuvre du philosophe et de sa compagne spirituelle sont  enseignées à l’Ashram créé en 1926. L’ashram est aussi un gros propriétaire… le plus gros de Pondy. Au nombre de maisons blanches portant le sigle de l’Ashram, j’ai l’impression que la moitié de la ville appartient a cette puissante organisation, glorifiée par les uns, vivement critiquée par les autres.

Lorsque la pluie arrive, je reprend un bus qui me ramène vers Repos Beach. 

 

Par Corinne - Publié dans : Inde
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