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Dimanche 31 décembre 2006

Après une année merveilleuse sur les routes du globe, nous voilà de retour sur notre terre natale et une fois de plus à l’aube d’un nouveau départ.

Chemins croisés

Tout d’abord voici quelques nouvelles des deux pays et des deux projets auxquels nous nous sommes plus particulièrement liés :

Au Népal, la situation politique s’est calmée après le mouvement de désespoir du mois d’avril.  Les népalais ont mis un terme à plus de dix années d’insurrection maoïste, enterrant 12 500 morts. La monarchie népalaise a été vidée de ses pouvoirs, la révolution armée a été abandonnée et les maoïstes sont entrés dans un gouvernement intermédiaire en attendant des élections en juin 2007. Espérons que les partis politiques au pouvoir ne décevront pas le peuple népalais, attirés par les profits personnels de la corruption, malgré une réelle volonté de changement. L’espoir est à nouveau présent au Népal… que la démocratie y trouve un terreau pour grandir…

Planète Enfants a connu un moment difficile pour ses activités. L’équipe a été réduite (tous ceux qui sont partis ont retrouvé un emploi) et le bureau a été transféré au rez-de-chaussée de la maison de Katmandou. Stéphanie vit au premier étage de la maison et travaille en bas… mais plus pour très longtemps… Stéphanie va prendre la place de directrice de Planète Enfants en France. Dans quelques mois, elle reviendra à Paris mais retournera quelques mois par an au Népal accompagnée d’un tout petit bout… Anouj… un petit garçon népalais que Stéphanie va adopter… trop mignon.

Le projet sur lequel Corinne travaillait (la création de procédures d’accueil pour les victimes de violence domestiques) est mis en place par sa collègue restée chez Planète Enfants, Pooja, accompagnée par une psychothérapeute française qui forme et oriente les éducatrices à la prise en compte des aspects psychologiques. D’autres projets, dans d’autres districts vont être mis en place pour la prévention de la violence mais aussi des migrations à risques.

En Inde, le Bharathi Trust poursuit ses activités. Le projet de placer des panneaux solaires dans le Ressource Center a été accepté et sera financé par l’ONG partenaire belge, Energy Assistance mais les démarches prennent du temps, beaucoup de temps, du côté indien comme du côté belge et qui sait quand ce projet aboutira concrètement et puis de toutes manières cet apport sera bien petit. En effet, les attentes des populations locales étaient énormes bien que les demandes exprimées sur papier furent finalement bien modestes. La réponse d’Energy Assistance est surtout symbolique : elle offrira à ces milliers de déshérités dispersés sur autant de milliers de Km², un unique petit panneau solaire photovoltaïque de 120 Wc (moins d’1m² !) et les composantes qui vont avec pour alimenter une ampoule électrique de démonstration et enverra un ingénieur en avion pour aller installer le système sur place. En attendant, une première île de l’océan Indien vient de disparaître sous la montée des eau, forcent la fuite de ses 10.000 habitants, en cette veille de Noël. No comment ! 

Parcours initiatique

Notre voyage a été très riche. Le retour par la route fût passionnant… Voir les horizons changer sous nos yeux, faire des liens entre les différentes partie de ce monde, comprendre l’organisation de la planète dans sa continuité et observer les moments de rupture, s’étonner de l’irréductible singularité des gens mais surtout voir très clairement en chacun d’eux l’humanité qui nous rassemble.

Voyager c’est… se délester de ses préjugés, ses certitudes, ses habitudes, ses convictions ; ouvrir son esprit et ses sens à la nouveauté ; être disponible aux rencontres ; prendre du recul ; accepter la remise en question d’une vie antérieur dont on saisit la relativité ; se rendre compte qu’on n’a rien besoin de plus pour vivre qu’un simple sac-à-dos (alors qu’est-ce qui encombre tant nos vies ?) ; s’adapter ; se détacher ; s’étonner … mais surtout revenir… avec l'impression de ne pas avoir vécu de grandes aventures, mais plutôt le sentiment d'avoir vécu le quotidien ailleurs… sur la route et compris que nous sommes tous en voyage permanent… que celui-ci n’est pas fini !

Et bien alors quand repartez-vous? Prêt pour le prochain Paris-Pékin Express? Non… Pour nous le voyage prend du temps… Le véritable voyage commence à partir du moment où nous modifions notre rapport au temps. Le voyage est autant découverte de l’espace que tu temps. Là, nous revenons à notre point de départ avec une autre notion du temps et de l'espace, plongé dans un bain zen. Mais combien de temps avant de se faire engloutir à nouveau par les références occidentales… le temps raccourci par la vitesse… l'agitation… le stress. Est-il possible de vivre ici sans se laisser imbiber de ces vibrations ?

Tout au long de notre voyage, mais particulièrement en Inde, nous avons été frappé par l’aliénation consumériste qui se propage.  Nous avons vu la soif des hommes à vouloir rouler, voler… des vacances, une maison, un GSM, une TV plasma, un séchoir, des cheveux bien coupé et plaqués par une épaisse couche de gel... Nous avons vu la toute puissance aliénante de l’argent pour ceux qui n’en n’ont pas comme pour ceux qui en ont plein. La jeunesse aisée d’Asie ou du Moyen Orient ne participe pas encore vraiment au monde occidental, mais elle le mime. Nous, Occidentaux blasés, suréquipés, n’y voyons qu’une version frelatée de la consommation américaine ; mais pour un jeune Indien ou Iranien, consommer, c’est encore se libérer. En Occident, on considère depuis le siècle des Lumières que la liberté exige de conquérir la matière, de maîtriser le monde extérieur… mais la liberté ne serait-elle pas plus l’aboutissement d’une recherche sur soi-même ? Et puis de toutes manières les ressources de notre planète ne permettront pas l’entrée dans le monde de la consommation de ces milliards de personnes postées dans la file d’attente de la fameuse classe moyenne émergente… Faut-il conclure que les trois quarts des hommes ne seront jamais « développés » pour qu’un quart le reste ? Ne pourrait-on pas, sans cynisme ni utopisme, envisager une autre développement ?

Nous nous sommes vu et nous avons vu les Hommes courir dans tous les sens, se lancer de tous côtés dans des excès d’activités fiévreuses, en quêtes d’expériences, de visites, de plaisirs, de défis, de succès, de pouvoir, de connaissances. Nous avons vécu l’agitation, la hâte, l’adrénaline, l’inquiétude, l’embarras qui en découle mais qui ne mène nulle part et ne produit que des montagnes de déchets, du bruit, des catastrophes climatiques et des hordes de stressés et de déprimés. Nous avons vu la grande illusion de cette agitation de la nature humaine, l’inutilité de tout cela et à quel point cela ne changeait rien. Cela nous permet de prendre conscience que la vie sur terre aura une fin, qu’il faut l’accepter et qu’il nous faut nous décider à cultiver autre chose si nous ne voulons pas continuer à appartenir aux premiers de la classe d’une espèce périmée. Alors, l’énergie investie dans la conquête d’une liberté extérieure ne pourrait-elle pas être rendue à la recherche de la liberté intérieur ?

Les chemins de l’évolution

Pratiquement, que faire ici et maintenant ? Défaire le développement… pour refaire le monde ? « Ainsi serait-il permis d’entretenir un autre rapport à l’économie, dont la finalité serait non plus un pur exhibitionnisme de la consommation devenue folle mais l’accès pour tous à une équivalente dignité » (Guy Sorman). C’est ce que Gandhi prônait ! C’est à tort que l’on fait passer Gandhi pour un réactionnaire. Il n’était pas hostile au progrès, mais il souhaitait que celui-ci fût jugé sur ses conséquences. Il n’était pas contre l’édification d’une usine pourvu que celle-ci ne détruisît pas son environnement naturel ou social. Il n’était ni socialiste ni libéral ; il rejetait toute doctrine à prétention absolutiste. Il reprochait au socialisme comme au libéralisme de se concentrer sur les fins, sans s’interroger sur la pureté des moyens. « Aucune ambition, selon Gandhi, n’est digne si les moyens pour l’atteindre ne l’est pas.» Nehru, avec sa passion pur la sidérurgie, se croyait moderne… Ghandi apparaît comme un postmoderne.

Nous ne voulons plus changer ou sauver le monde extérieur à nous même. « Seul l’individu, parce qu’il fera sur lui-même l’effort de se changer, parviendra à changer le monde ; ce n’est pas le changement du monde qui suscitera l’homme nouveau mais le contraire. » (Guy Sorman). Nous revenons pour nous donner l'occasion de nous construire un mode de vie intègre et de s'engager dans notre société. Nous ne voulons plus polluer encore plus le monde en lançant des froids piquants. « Allumer sa petite bougie vaut mieux que de maudire la nuit » Julos Beaucarne.

« Vivre simplement pour que simplement les autres puissent vivre » proposait Gandhi, cela nous permettra d’avancer léger sur cette Terre fragile par respect et amour de tous les êtres qui l’habitent et de nous consacrer à l’essentiel… découvrir la valeur d’un vie, … qui est peut-être de pouvoir résoudre l’énigme apparente de l’existence, connaître la nature fondamentale et le destin véritable de l’homme.

« Le corps humain est, en vérité, l'instrument pour réaliser Dieu, qui est le but ultime de la vie."  nous a dit Amma. 

« Nothing Really End » (dEUS)

Maintenant, même si l’appel de la vie jamais ne prendra fin, Human ExChange va s’arrêter de vivre et se ranger au rayon des souvenirs. Il fut un merveilleux outil d’expression, de synthèse pour nos réflexions et de communication pour nous… d’échange. A nous de récréer d’autres outils ici et maintenant, plus équitables, plus spontané mais néanmoins toujours plus ambitieux, simples et sincères.

Puisse nos cœur s’ouvrir et exprimer leur vraie nature, puisse le monde se consumer d’amour infini… partir en paix.

« Tu es invité au festival de ce monde et ta vie est bénie » (Rabindranath Tangore)

Corinne a trouvé une place comme psychologue dans un centre de jour et d’hébergement pour personnes ayant un handicap mental à Bruxelles. Elle commence en janvier.

Benoit continue son évolution dans le bureau d’étude familiale d’ally&be consult qui travaille sur des projets concrets d’utilisation rationnelle et efficace de l’énergie. En parallèle, il aide au lancement d’une asbl. Il continue le yoga et ses recherches spirituelles.

« L’essentiel est sans cesse menacé par l’insignifiant » (René Char)

Merci de nous suivre, vous nous gonflez les voiles ! On vous souhaite tout le bonheur du monde pour cette nouvelle année…

Bibliographie :

Le Génie de l’Inde. Sorman Guy (2000). Ed. Fayard.

Petite philosophie du voyage. Tahon Thierry (2005). Ed. Milan. Pause Philo

Défaire le développement, refaire le monde. Ivan illich, Serge Latouche, Michael Singleton…(2003). La ligne d’horizon - Ed. Paragon.

Disappearing world: Global warming claims tropical island. The Independent (24 décembre 2006).

Par Ben&Co - Publié dans : Global
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Dimanche 12 novembre 2006

Plus on se rapproche, plus on aspire à y être… mais la route est tellement surprenante et diversifiée qu’elle donne vraiment envie de s’y attarder. Maintenant, nous basculons doucement dans notre période greco-romaine, voir début de l’ère chrétienne… on se fait des ruines à gogo, on se croirait déjà en Grèce ou en Italie… Comme les stupas de Katmandou et les délices culinaires de Chennai semblent déjà loin, totalement hors de portée ! Bouh ! pourquoi devoir laisser tout cela… ces goûts, ces saveurs, ces couleurs, ces odeurs, ces histoires, ces ambiances . Quel incroyable parcourt que cette route de la soie offre aux voyageurs… pourtant rien à quoi leur cœur ne s’attache ne leur sera laissée. La bataille est rude.

Le climat perd de son idyle « sous le soleil des tropiques », nous sommes à nouveau en lieu touristique et définitivement moderne… et surtout, il faut accepter de voir monter les prix de manière vertigineuse et nos économies sagement dépensées dans la « misère du monde » disparaître aux quatre vents. Tout nous aspire à rentrer tout en profitant encore de ce voyage…

Nous nous arrêtons en chemin à Pamukale pour découvrir les vasques de calcaires, exceptionnelle construction de la nature, ravagée par les touristes insouciants et peu protégée par les autorités… les vasques vides ont perdu leur blanc éclat… le spectacle est un peu tristounet malgré l’originalité du site surplombé par les ruines de l’antique Hierapolis… les romains savaient choisir leur lieux de vie ! Les pierres qu’il en reste et les images de reconstitution nous donne une petite idée de cette citée où l’eau thermale coulait à flot.

A deux heures de routes, une autre ville romaine nous livre les plus beaux vestiges de cette époque… Ephèse. Une visite audioguidée nous en apprend un peu plus sur l’histoire de cette ville, toute proche du temple d’Artémis – une des sept merveilles du monde incendiée, pillée et engloutie par le temps – et sur la vie de ses habitants. Des demeures luxueuses profitant d’un système d’eau chaude et de chauffage sont sorties de terre pour nous montrer que les romains vivaient dans le confort sans la technologie d’aujourd’hui.

Sur la côte de la mer Egée, Cesmé, une station balnéaire frappée par le vent, la pluie et le froid. Conditions idéales… Benoit en profite pour s’offrir une heure de Windsurf sur le spot d’Alicati, au pied d’un champ d’éoliennes. Mais le soir tombe, et en combi d’été, il fait vraiment trop froid. Il plonge dans une piscine thermale c haude pour se requinquer avant de quitter la côte pour Bursa… ville de tradition.

Dans sa modernité, Bursa a gardé l’esprit turc… les bains traditionnels présents dans chaque quartier, les teahouses où la musique se célèbre dans un nuage de fumée, une confrérie de Dervishes Tourneurs poursuivant leur culte dans une loge magnifiquement restaurée, un accueil généreux et gratuit… une grande surprise de découvrir cette ville… ses mosquées, ses mausolés, ses  hammams sous une pointe de neige, avec une pointe de soleil…

De l’autre côté de la mer de Marmara, Istanbul… qui a pris ces dernières années des airs de grandes capitales… Hébergés chaleureusement par Elisa qui y fait un erasmus (et visitée à ce moment là par Gégé), nous ne faisons que passer, jetant un coup d’œil sur les grands monuments de la ville, le sac sur le dos, avant de rejoindre l’otogar.

Là, nous sommes allongés sur le port d’Igouménitsa, en Grèce, entre soleil et ciel bleu… nous attendons le ferry qui nous emmènera pendant la nuit en Italie, avant de rejoindre Munich en bus puis… Bruxelles en train et nous retrouver dans un environnement si familier.

Par Benoit & Corinne - Publié dans : Turquie
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Lundi 30 octobre 2006

C'est un pays joyeu, de monstres gentils, de fees, de schtroumfs et de hobits...

Nous sommes parti a la recherche de l'anneau, parcourant la terre du milieu ou s'affrontait une armee de lumiere percenverente et celle des ombres tristes des diables d'automne. Nous avons fouille les entrailles de la terre ou habitaient les orcs, gravi les forteresses en gruyere du peuple des souris, demande conseil au geant des plus profonds canyons et au peuple-pliers, dormi dans une grotte de Golum, prie en de multiples chapelles creusees a meme ces demoiselles de fees par St Anthousiaste sous le regard des cygognes. Rien n'y fit, le secret de la confrerie de l'anneau restera a jamais en ces lieux.

Mieux vaut probablement ainsi.

Un jour peut-etre qu'un jeune chevalier Jedy reprendra cette quete ou nous l'avons laissee.

Allah Ismaladic, Gule-Gule. Techekur Ederum Andromeda !

Par Ben le hobit - Publié dans : Turquie
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Mardi 24 octobre 2006

Et la marche continue...

Apres avoir fait nos lessives à Doğobayazıt et admiré le romantique palace d'Ishak Paşa, nous sommes à nouveau en route...

Escalade de la forteresse de Van au bord du magnifique lac Van Gölü qui l'entoure, affrontement avec les enfants de l'antique ville de basalte noir de Dıyarabakır (on se fait canarder par des fusils à billes et des pétards, reçu pour fêter la fin du Ramadan!), peche de carpes sacrées du bûcher d'Abraham transformé en étang à Urfa au pied de la citadelle des croisés, excursion vers le sommet du Nemrut Dağı (2150m) où de colossales statues vieilles de plus de 2200 ans trônent là dans le silence d'une immensité. "Devenez vastes comme le monde et vous serez toujours dans le repos" semble sussurer l'endroit.

Quel énergie, quel effort, quelle confiance, quelle inebranlable volonté a-t-il fallu pour engendrer ces réalisations qui nous laissent béa d'admiration et dans une humble contemplation.

Le vrai repos se trouverait-il dans le mouvement, l'action, la marche en avant, l'escalade de la montagne...? C'est probablement ce que devait penser Antioche, roi megalomaniaque du petit royaume de Commagene qui repose ici dans l'infini et l'éternité du temps... au plus pres de Dieu.

Par Ben & Coo - Publié dans : Turquie
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Vendredi 20 octobre 2006

Si, comme nous, vous n’avez obtenu qu’un visa de transıt de 7 jours pour visiter l’Iran, voici ce qu’il vous reste à faire : 

Tout d’abord, essayez de passer la frontière un autre jour que le vendredi (jour de prière) afin d’éviter le stress de déjà perdre quelques heures précieuses de votre premier jour. Ensuite... 

JOUR 1 : Transfert Taftan – Yazd

Rejoignez le plus rapidement possible la ville de Zahedan en shared-taxi d’où vous prendrez un bus quı en 14h vous amènera a Yazd. Vous observerez qu’en passant la frontière, les citrouilles se transformeront en carosse... les rickshaws entourés de leur nuages de fumée transformés en taxi jaune et les bus bringuebalants décorés mains en bus Deluxe flamboyants (avec Air Conditionné quı permet de porter la température à 14˚ quand la température extérieure est de 38˚ et à 33˚ quand la nuit, il fait 22˚ dehors... le luxe jusqu’à l’absurdité). Ce bus filera sur des routes lisses à une vitesse inconcevable jusque là... vous passerz d’une moyenne de 20-30 km/h, à une moyenne de 70-80 km/h... quelque chose vous rapprochera étrangement de l’Europe. Finalement, une infinité de désert (où des villes scintillent dans la nuit noire) plus tard, vous arriverez à Yazd à 2h du matin. Débrouillez-vous pour trouver un toit d’hotel à squatter pour 1€ (tout parait si cher ici !) et récupérer un peu.

JOUR 2 : Yazd 

Au levé du soleil, ne perdez pas une minute et partez explorer la magnifique ville de Yazd. Admirez les minarets des grandes mosquées transperçant le ciel comme des aiguilles, leurs mozaiques turquoises se mélant au bleu limpide du ciel. A leur pied s’étale la vieille ville sortie de la terre du désert. Les maisons vous révèleront les connaisances que les anciens iraniens avaient de l’architecture bioclimatique... des dômes et d’étranges cheminées constituent d’ingénieux systèmes de ventilations amenant l’air frais à l’iıntérieur de la cour agrémentée d’un bassin. D’autres techniques, comme l’utilisation de pierres translucides laissant passer la lumière, permettent de conserver la fraîcheur ou la chaleur entre les épais murs de terre paille. Le soir, faites-vous doublement plaisir avec un resto dans un ancien hammam et une glace comme les iraniens en raffole... 30 cm de haut ! 

JOUR 3 : Ispahan 

Le lendemain, après une froide nuıt sous les étoiles, prenez un déjeuner copieux, omelettes, pain, miel, salade greque (appréciez la feta et les olives fraiches) accompagné de thé, qui vous remettra sur pied pour affronter une nouvelle journée de bus et de visite à bâton rompu. Prenez le plus tôt possible un bus pour Ispahan. Vu que vous n’avez qu’une demi journée à lui consacrer, arrangez-vous pour trouver au terminal de bus une gentille famille au gros coeur pour vous faire visiter en un éclair cette remarquable cité et ses alentours en petite bagnole 205, vous inviter chez elle, vous couvrir de provisions, vous offrir un resto suivi d’une giga-glace, vous refaire tourner dans la ville by-night illuminée, avant de vous emmener dans la vieille demeure typique en restauratıon d’un ami et boire un thé, manger de la pastèque et d’autres sucreries en fumant la chicha. Comptez ensuite sur votre jeune hôte (la fille de 15 ans parlant très bien anglais) pour vous dégoter une petite place dans un bus pour une nouvelle nuit chaotique vers Qazvin. Essayez d’avoir fait pipi avant de monter dans le bus... si vous tenez à fermer l’oeil. 

JOUR 4 : Alamout et la forteresse des assassins 

Lorsque vous arrivez à Qazvın, sous la pluie, dans le froid mordant, à 4h du matin, ne vous découragez pas ! Dénichez une petite mosquée dans le terminal de bus où vous abritez, vous allongez sur les tapis et... DORMIR UN PEU ! Ne vous laissez pas déranger par les allées et venues des fidèles qui passent prier mais dormez jusqu’à ce quelqu’un vous réveille et vous prie de sortir. Essayez de trouver un bus pour Alamout, la forteresse de Gazor Khan. Ne vous laissez pas embarquer dans n’importe quelle bagnole (si, si... il y a des bus !) Si finalement la pression est trop forte pour votre petıt cerveau fatigué et empétré dans des discussions gestuelles, laissez-vous conduire. Si vous n’arrivez pas trop tard dans ces montagnes barriolées, vous ne serez pas déçu, les vues sont superbes, les nuances de couleurs uniques... « un paysage de monts nus, de lacs oubliés, de falaises raides, de cols étranglés ». « En dialecte local, Alamout signifie ‘la leçon de l’aigle’. On raconte qu’un prince qui voulait bâtir une forteresse pour contrôler ces montagnes y avaient lâché un rapace dressé. Celui-ci, après avoir tournoyé dans le ciel, vînt se poser sur ce rocher, le maître compris qu’aucun emplacement ne serait meilleur. » Trouvez à dormir, rustique mais assourdissement calme ! Profitez !

JOUR 5 : Qazvin 

A l’aube, résistez à la temptation de prendre un taxi pour repartir visiter Qazvin, attendez le bus qui part à 7h (si, si il y a des bus !!). Quatre heures plus tard, à Qazvin, arrangez-vous pour réservez un train de nuit pour Tabriz avant de découvrir la ville. Le train en Iran vous changera des trains indiens et pakistanais. Enjoy !! 

JOUR 6 : Tabriz 

5h30, arrivez à Tabriz, après une nouvelle semi-nuit entre le trop chaud et le trop froid (il faudrait vraiment que vous leur expliquiez le conditionnement d’air). Trouvez rapidement une chambre pour vous reposez (si, si, il y a des bus !!!). Courage, on arrive au bout ! Tournez dans Tabriz, courage, plus qu’une nuit et aprês vous pourrez souffler, trouver le temps de prendre une douche, de vous changer, de laver votre calçon, de retirer vos chaussettes, de passer une nuit complète. 

JOUR 7 : Transfert Tabriz - Doğubayazit

Court-bus, long-shared-taxi, puis frontière! You did it! L’Iran en 7 jours! 

Sept jours pour découvrir l'Iran, c'est vraiment court, surtout en prenant déjà deux jours pour le passage des frontières. L’Iran, un pays beaucoup plus developpé que le Pakistan et l'Inde et que ce qu'on nous fait imaginer au travers des médias... un pays en constructıon ou les infrastructures sont bien developpées (des bus plus efficaces et luxieux que chez nous) et une population, un nouveau style (un peu fashion victim guindé, tous dans la norme) qui s'active pour la construction de leur pays... les femmes aussi... présentes et actives (la majorité des étudiants universitaires sont... des femmes). Un développement qui leur donne d’ors et déjà une place dans la compétition mondiale, suivant les rêgles du jeu actuel. Les medias nous montrent vraiment ce qu'ils veulent en fonctıon de la cause qu'ils veulent servir... et là apparemment il s'agit de la cause americaine... une folie... les iraniens ne semblent absolument pas se rendre compte qu'un danger plâne sur eux... ils parlent avec emotions de la guerre Iran-Irak qui a freiné leur developpement et ne voit pas pourquoi les americains leur en voudrait... et nous non plus. Les monuments historiques sont tous en renovation pour maintenir un patrimoine culturel exceptionel...

Par Ben&Co Planet - Publié dans : Iran
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